Les Français épargnent le plus en Europe, mais investissent le moins

La dernière étude publiée par le gestionnaire d’actifs BlackRock n’apporte rien de bien nouveau : les Français sont avant tout des épargnants et non des investisseurs. Pour de bonnes raisons...

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BlackRock, le célèbre gestionnaire d’actifs financiers américain regrette que les Français soient si peu enclins à investir sur les marchés financiers. Dans sa dernière étude sur ce sujet, le gestionnaire constate qu’une nouvelle fois les Français sont les champions d’Europe pour l’épargne de précaution, mais figurent au dernier rang pour l’investissement sur les actifs à risque, ceux notamment que commercialise BlackRock.

Ainsi 87 % des Français mettent de l’argent de côté, plus que les Belges (83 %), les Espagnols (81 %), les Italiens ou les Anglais (75 %). Par contre, les Français sont les derniers de la classe pour investir sur les marchés : 33 % seulement, les Néerlandais 27%, tandis que les Suédois le font à 61%, les Italiens à 45% ou les Allemands à 44%. Selon ce sondage réalisé en 2015, 55% des actifs des Français sont placés en liquidités, avec le [a[Livret A]a] en place de choix. L’[a[Assurance-vie]a] en euro pèse 19 % contre seulement 4 % pour les actions et 3 % pour les [a[obligations]a].

Ce constat est évidemment sans surprise, le contexte de la France étant particulier. Le géant américain s’interroge, sur une approche culturelle spécifique de la France, une méconnaissance des marchés financiers. Mais notre comportement s’explique pourtant assez simplement. Pourquoi les Français sont-ils si averses aux risques financiers ? Une simple question de ration rendement/risque ?

 Livret A, un cas unique en Europe

La France étant le seul pays européen à proposer une niche fiscale sur l’épargne de précaution, un [a[livret épargne]a] défiscalisé servi sur un plateau à tous les contribuables, sans plafond de ressources. Notre fameux livret A n’existe nul part ailleurs. A plusieurs reprises les instances européennes ont ordonné à la France de mettre un terme à ce non-sens financier, mais rien n’y a fait. Nos gouvernements successifs ne peuvent en aucun cas supprimer le livret A sans un suicide politique. Certes, le taux du livret A est actuellement faible, mais il est net d’[a[inflation]a], et net d’impôt. Pour mémoire, le CAC40 est toujours négatif depuis le début d’année...

 [a[Fonds euros]a] : des rendements élevés

La France possède également un autre atout de taille, qui n’est pas partagé par tous les pays européens dans les mêmes conditions qu’en France : l’assurance-vie. Véritable placement multi-objectifs, l’assurance-vie permet notamment de placer sans risque sur les fonds euros, pour des rendements en moyenne supérieur à l’historique des indices boursiers !

Forcément, échaudés par la crise boursière de 2000, puis celle de 2007/2008, les Français se méfient des indices boursiers. Mais cela n’explique la différence de comportement par rapport aux autres nations, car eux-aussi ont essuyé des pertes abyssales à chacune des crises boursières. La différence réside plutôt dans la performance continue des placements sans risque, affichant plus de 30% de rendement sur 10 ans. Rien d’exceptionnel, mais la gestion en bon père de famille sonne bien en français...

Comparaison des performances cumulées CAC40 versus Moyenne des Fonds euros
Sur les 10 dernières années, le placement sécuritaire sur les fonds euros est plus rémunérateur qu’un placement en bourse sur le CAC40.

 [a[Immobilier]a] : une absence de crise immobilière en France !

Les Français adorent la pierre et placent une grande partie de leurs avoirs sur ce secteur, cela fait d’autant moins de liquidités à placer sur les marchés financiers. Avez-vous remarqué que la France a échappé à la crise immobilière qui a sévit dans la plupart des pays voisins ? Le marché français de l’immobilier n’a pas subi les foudres de la crise des subprimes, poussant ainsi encore un peu plus les investisseurs à miser sur la pierre. Peut-être trop d’ailleurs, notamment sur les [a[SCPI]a] ? L’avenir devrait nous le dire assez rapidement...

Etude BlackRock, réalisée courant 2015, en collaboration avec Cicero, dans 20 pays, auprès de 31.139 personnes.

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