Sécu : le dernier budget du quinquennat présenté mercredi en Conseil des ministres

2Sécu : le dernier budget du quinquennat présenté mercredi en Conseil des ministres2

En dévoilant il y a une dizaine de dix jours son projet de loi de financement de la sécurité sociale pour l’année prochaine, la ministre de la Santé Marisol Touraine a promis un déficit du régime général réduit à400 millions d’euros, contre 3,4 milliards en 2016.

Un chiffre au plus bas depuis 16 ans qui, comparé à un budget global "de près 500 milliards" d’euros, permet à la ministre d’annoncer un retour "à l’équilibre", comme jeudi dernier devant le Sénat.

Le gouvernement prévoit un excédent des branches accidents du travail, famille et retraite, ainsi qu’une amélioration du déficit de la branche maladie, à -2,6 milliards d’euros, contre -4,1 en 2016.

Reste que le Fonds de solidarité vieillesse (FSV, qui verse les cotisations retraite des chômeurs et le minimum vieillesse), intégré aux comptes de la sécurité sociale mais omis par Marisol Touraine lorsqu’elle assure que la gauche aura "sauvé la sécu", maintiendra lui son déficit à 3,8 milliards d’euros, ce que n’a pas manqué de rappeler l’opposition.

Au total, le déficit de la Sécu devrait donc s’établir à 4,2 milliards d’euros (contre 7,2 milliards en 2016).

Pour y parvenir, le gouvernement table sur de nouvelles économies, mais aussi de nouvelles recettes, notamment grâce à la création d’une taxe sur les fournisseurs de tabac, qui doit rapporter quelque130 millions d’euros, les taxes sur le tabac à rouler devant, par ailleurs, augmenter de 15%.

L’Assurance maladie devra, elle, réaliser un effort de 4 milliards d’euros d’économies (contre 3,4 en 2016), tout en honorant plus d’un milliard d’euros de revalorisations de revenus chez lesmédecins libéraux et dans la fonction publique hospitalière.

L’accent sera mis sur les médicaments : meilleur contrôle des prix pour ceux bénéficiant d’autorisations temporaires d’utilisation (ATU) avant leur mise sur le marché ou encore développement des génériques, pour lesquels une campagne nationale d’information vient d’être lancée, sont ainsi au programme.

Déjà en tension, les hôpitaux seront encore fortement sollicités, à hauteur de 845 millions d’euros.

Une politique d’"austérité" dénoncée par les syndicats CGT et FO, à l’origine,avec le Medef et la CGPME, des avis défavorables au projet de budget de la sécu émis la semaine dernière par les instances de l’Assurance retraite et de l’Assurance maladie, les organisations patronales déplorant, elles, l’absence de "réformes structurelles".

retraite