Hello bank se lance dans le crowdlending, une prise de risques rationnelle ?

[a[Hello bank]a] n’a pas froid aux yeux !

Si la clientèle de la [a[banque en ligne]a] de BNP Paribas est sans doute plus jeune que la moyenne, elle n’en est pas moins proche de son argent. Le financement participatif, c’est avant tout un effet de mode. Aux USA, origine de ce secteur d’activité, le financement participatif a connu également sa période de gloire avant de sombrer, les faillites s’enchaînant à la suite de nombreuses déconvenues. Les prêts non remboursés étant logiquement plus importants sur les plateformes de prêts participatifs. Les taux pratiqués étant prohibitifs pour les emprunteurs, ces derniers peinent logiquement à rembourser les prêteurs.

- Un crédit au taux de 8%, est-ce bien rationnel ?

Lorsqu’une entreprise emprunte au taux de 8%, en pleine période de taux plancher, les prêteurs peuvent se demander si cela est bien rationnel. Comment une entreprise ne pouvant pas obtenir un crédit auprès d’une banque classique, donc dont le dossier financier est moyen ou mauvais, peut-elle supporter de telles charges financières sereinement ? La frénésie des particuliers jouant les banquiers l’emportent visiblement sur la raison.

Hello Bank s’appuie sur la plate-forme de financement participatif Credit.fr, pour permettre à ses clients de prêter à une PME avec, à la clé, un rendement attractif. « Le taux de rendement pour le client Hello bank ! qui prêtera à des TPE-PME via Credit.fr dépendra des projets, dont le site affiche le descriptif et le taux qui y est attaché. Mais en moyenne, le taux de rendement s’établit entre 4% et 8% », explique Marc Campi, directeur général d’Hello bank ! dans les colonnes du quotidien Les Echos.

« Cette offre s’adresse à une clientèle qui s’intéresse au crowdfunding, qui a un souci militant de participer à cette nouvelle économie, analyse Marc Campi. Notre objectif est d’apporter à notre clientèle un service un peu pointu : nous visons quelques milliers de clients » explique Hello bank ! La banque en ligne touchera une commission d’apport, qui viendra diversifier ses revenus.

Si les pouvoirs publics ont mis en place des gardes-fous en fixant un plafond de 1.000 euros par investisseur et par projet (qui devrait être relevé à 2.000 euros), ces financements n’en restent pas moins risqués, car la PME qui a souscrit un financement auprès de particuliers peut faire défaut. « Nous avons beaucoup réfléchi à la question du risque d’image, reconnaît le patron d’Hello bank !. Nous en avons parlé avec les équipes conformité et les équipes juridiques de BNP Paribas. Sur notre site Web, nous sommes très clairs : nous soulignons que prêter à des entreprises de petite taille représente un risque particulier. Ce service s’adresse à une clientèle avertie. Nous avons noué un partenariat avec une plate-forme dont la politique de sélection de projets est très rigoureuse. Elle n’a, à ce jour, aucun défaut dans son historique ».