Helicopter money : la BCE pourrait donner 1.300€ à chaque citoyen de la zone euro

2La BCE n’arrive pas à créer de l’inflation en zone euro2

En passant par les banques, la BCE n’arrive pas à injecter des liquidités dans l’économie. Les banques ne prêtent pas suffisamment. La BCE est arrivée au bout de ses actions concernant les taux d’intérêt. Sa seule motivation reste de faire remonter l’inflation à un taux de 2%.

- Helicopter money

Un moyen pour le moins surprenant serait donc de se passer des banques et de donner de l’argent directement aux citoyens : c’est l’helicopter money. Une théorie plus qu’une réelle solution pratique.

L’idée d’un recours à une telle distribution généralisée de liquidités aux consommateurs, connue sous l’appellation de "monnaie hélicoptère", a été évoquée récemment par l’économiste en chef de la BCE, Peter Praet, comme une possibilité théorique mais les dirigeants de l’institution ont pris leurs distances avec cette éventualité.

La BCE consacre par ailleurs déjà 80 milliards d’euros par mois à des achats de titres sur les marchés, principalement des obligations d’Etat, pour tenter de relancer le crédit et les prix dans le cadre de sa politique d’assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE).

"La monnaie hélicoptère ne fait pour l’instant pas partie des débats du Conseil des gouverneurs", a déclaré mercredi Benoît Coeuré, l’un des membres du directoire de la banque centrale. "Pour être honnête, je ne vois pas comment cela fonctionnerait sans une forme de partage des risques avec les Etats, ce qui serait problématique en pratique et sur le plan juridique." Le financement par la BCE de plans de relance gouvernementaux serait assimilé à un financement budgétaire, ce que ses statuts lui interdisent. Mais Nordea estime que l’institution pourrait tout à fait distribuer directement des liquidités aux citoyens des 19 pays de la zone euro.

"C’est le plafond si elle décide d’envoyer directement des chèques aux citoyens parce que, dans ce cas-là, cela revient à distribuer de l’argent pour rien donc à entamer son capital", explique Jan Von Gerich.

Il ajoute que la BCE pourrait faire davantage si elle était prête à assumer une situation de capital négatif, comme l’ont déjà fait certaines banques centrales de pays en développement, mais il souligne que cela menacerait son indépendance puisqu’elle devrait ensuite être recapitalisée par les Etats.