Mobilité bancaire : de bonnes intentions, mais dans la pratique, cela reste un vrai calvaire...

2Le gouvernement tente ànouveau de favoriser la mobilité bancaire, trop faible en France2

Les chiffres de progression des banques en ligne en France le montrent. Elles ne détiennent que 1% du marché comme banque principale, c’est surprenant, compte-tenu de leur politique tarifaire agressive. Le hic ? Les Français n’osent pas changer de banque. Les banques en ligne sont néanmoins plus largement représentées sur le marché français, mais essentiellement comme une seconde banque.

Il faut bien reconnaître que la mobilité bancaire en France, c’est un doux rêve, bien loin de la réalité. Seulement 3% des clients changent de banque chaque année (selon les chiffres d’UFC Que Choisir), c’est 3 fois moins que la moyenne européenne !

Au travers de la loi Macron, le gouvernement va donc une nouvelle fois tenter de lancer la mobilité bancaire. Courage !

En France, l’usager change de banque principalement :

- lors d’une souscription d’un nouveau crédit (> 30% des cas),
- lors d’une insatisfaction majeure (problème avec un conseiller par ex.) (env. 30% des cas),
- lors d’un déménagement (banque régionale).

- Changer de banque pour économiser 40€ / an, la belle affaire !

Les Français ne changent pas de banque pour de "bonnes" raisons. La concurrence tarifaire entre les banques ne joue pas véritablement. Pour quelques dizaines d’euros d’écart tarifaire par an, les usagers ne veulent pas se lancer dans un processus de changement de banque, c’est trop complexe, trop long et trop risqué ! Les risques d’impayés restant trop importants !

2Quels sont les freins àla mobilité bancaire ?2

- changement de coordonnées bancaires, la vraie galère !

Changer de compte courant, c’est informer tous ses correspondants financiers de son nouveau RIB. Et c’est bien làla vraie galère. Car si certaines banques mettent en place des services de changement de banque, dans la réalité, cela ne fonctionne pas vraiment. Les correspondants refusant les demandes de changement de coordonnées bancaires si ces premières ne sont pas effectuées par leurs clients en direct. Ainsi, quand une banque envoie un courrier de changement de coordonnées bancaires àune entité, cette dernière ne va pas la traiter, estimant que c’est au client lui-même de demander le changement, arguant des raisons de sécurité. Bilan, une nouvelle perte de temps pour le client. Ce dernier doit effectuer lui-même un courrier àchacun de ses correspondants pour être certain que le changement soit effectif, et cela peut prendre des semaines !

- le coà»t du changement de banque

Si transférer son compte courant et ses livrets épargne est sans frais, le coà»t de transfert de certains placements (PEL, PEA, Compte-Titres, etc.) est loin d’être gratuit. Même si souvent la nouvelle banque prend en charge ces frais (après négociation), cela reste un frein pour de nombreux clients.

- crédit lié aux comptes bancaires, relation forte avec les banques

Quand vous avez un crédit ouvert auprès d’une banque, bien difficile de la quitter. Vous devez alors faire racheter votre crédit, par une autre banque. Si vous avez des pénalités en cas de rachat anticipé, c’est encore un argument de plus pour ne pas changer de banque.

- l’assurance-vie bancaire reste non transférable.

Les épargnants ayant souscrit un contrat d’assurance-vie dans leur banque ne peuvent le transférer. Chaque contrat bancaire étant unique, transférer son contrat n’a pas de sens. Ces clients-làsont donc tenus de laisser leur avoirs dans cette banque, àmoins d’effectuer le rachat total de leur contrat, pour en ouvrir un autre ailleurs. Compte-tenu de la période de 8 ans nécessaire àl’obtention de la fiscalité optimale pour effectuer un rachat, cela repousse d’autant la fin des relations avec la banque en question.

Le conseil est évidemment de ne jamais mettre tous ses Å“ufs dans le même panier. Une banque pour un compte courant, et impérativement un autre assureur pour son contrat d’assurance-vie, c’est plus prudent.

2Mobilité bancaire : ces nouveautés qui n’y changeront rien !2

Voici ce que propose donc le gouvernement pour facilité la mobilité bancaire : obliger les banques àprévenir leurs anciens clients si un virement arrive encore sur le compte clos, et ce, dans les 13 mois suivant sa clôture. C’est du bon sens, cela ne changera rien àla situation actuelle, le frein reste le même, il est trop difficile de prévenir tous ces correspondants de ces nouvelles coordonnées bancaires. Il faut impérativement un référentiel central des coordonnées bancaires utilisables par les correspondants, ce serait bien plus efficace. Mais politique et finance n’ont jamais fait bon ménage...

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