Assurance-vie : la probable hausse de la fiscalité jette un froid, collecte nette nulle en mars

Collecte nette nulle sur le mois de mars

Selon le communiqué pour le moins laconique de la FFA, "pour le mois de mars 2017, la collecte nette est à l’équilibre". Au cours des trois premiers mois de 2017, le montant des cotisations collectées par les sociétés d’assurances est de 34,7 milliards d’euros (37,3 milliards d’euros sur la même période en 2016). Les versements sur les supports unités de compte représentent 9,3 milliards d’euros, soit 27 % des cotisations.

Forte hausse de la répartition du capital en unités de compte, une prise de risque pas toujours maîtrisée

Les épargnants, pour tenter de percevoir un peu plus de rendement, cèdent de plus en plus aux appels des assureurs à investir davantage sur les unités de compte. Que ce soit via des offres de bonus sur les fonds en euros, ou via des offres promotionnelles de bienvenue, primes à la clé.

Forcément, les épargnants, peu enclins à la gestion des risques, optent pour cette démarche au plus mauvais des moments, alors que les indices boursiers sont au plus haut. Sans toujours prendre garde à leurs expositions aux risques de perte de capital, nombre d’entre eux s’embarquent sans opter pour l’option de gestion limitant les pertes, une option pour le moins recommandée. Si d’aventure le contrat de l’épargnant ne propose pas cette option, il serait sans doute judicieux de souscrire un contrat un peu plus récent... Gérer c’est aussi prévoir l’avenir... Cela pour éviter des lendemains un peu plus difficiles en cas de chute des marchés boursiers et immobiliers.

Les incertitudes liées aux élections ?

Faut-il voir dans cette pause de la collecte la crainte d’une surprise lors des élections présidentielles et législatives ? Probablement. Du moins en partie, une autre raison est sans doute à l’évolution promise de la fiscalité sur les produits des contrats d’assurance-vie lors de rachats.

Hausse de la fiscalité

La "flat tax" proposée par le candidat Emmanuel Macron a sans doute fait réagir nombre d’épargnants. Alors que le taux de taxation des produits, en cas de rachat, est actuellement de 23% (7.50%+15.50%), après l’abattement de 4.600€ (ou 9.200€ pour un couple), le passage au taux identique aux fruits de tous les placements à 30% (un retour en arrière ni plus ni moins au principe même du prélèvement libératoire forfaitaire d’avant 2012), faisait largement réagir. Devant ce tollé, le candidat s’était empressé de changer son fusil d’épaule et d’amender sa proposition en ne visant que les produits issus des contrats dont les encours seraient d’un montant supérieur à 150.000€.

Une nouvelle règle qui viendrait donc compliquer encore un peu plus les choses, comme si cela était déjà trop simple. Toujours est-il que cette probable hausse de la fiscalité sur les produits des contrats d’assurance-vie donnera sans doute une nouvelle opportunité aux épargnants les plus aisés d’aller voir ailleurs, en dehors de nos frontières, mais dans notre espace européen... A l’instar de ce qui se passe sur les SCPI investies en Allemagne, et donc soumis à la fiscalité allemande, plus avantageuse que la française. Sans parler évidemment du Luxembourg, mais réservé aux épargnants les plus fortunés.